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Cinéma
Ca sentait bon les merguez et la kebda grillés.
L'époque du "chouwey" draine dans son sillage mille et
un souvenirs savoureux. Gazouz et "cassecrôtt" en attendant
d'aller voir un film "koboy".
Ch'koun l' mericani ? Allan Ladd ! Cela méritait bien un garou
Afras avant la séance.
Excités comme des gamins qu'on était, on avait hâte
que les lumières s'éteignent et qu'enfin l'écran
s'illumine ! Ahh! C'est fait. Dans l'obscurité on devinait des
yeux rivés sur les actualités en couleurs qui commençaient
par un dessin animé sanitaire et finissaient le plus souvent par
un documentaire sur l'agriculture dans le sud-est de l'URSS.
Des moments de joie indescriptibles lorsque le film commençait.
On changeait de place lorsque quelqu'un qui a déjà vu le
film vienne se mettre à côté. Il ne va pas arrêter
de raconter et dans le plus moindre détail l'action avant qu'elle
ne commence sur l'écran..
L'entracte. Ahh! Le moment pour échanger ses impressions. Le débat
des experts en quelque sorte.
-"Awah, dork etchouf! Hadek essalopar dork yemreg bih Allan Ladd.
-"Machekitch! Il est fort le salopar!"
Le débat prend fin des que celui qui a déjà vu le
film intervient.
-"Khalina ya lakhôr! Matah'darch!
Le soleil brille encore lorsque que nous quittons le cinéma, le
Triumph. Le boulevard du front de mer étale la mer comme un tapis
bleu qui s'apprête à recevoir des invités. On était
content et la vie nous paraissait belle.Entre 13 et 14 ans, Alger était
la plus belle ville du monde.
Amrane
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